Sapeurs-pompiers
de Loir-et-Cher

Actualité du 09/07/2021
Le lieutenant Christophe Delaleu au défilé du 14 Juillet

Autour de la commune de Villefrancœur, en Loir-et-Cher, où habite Christophe Delaleu, des étendues de plaines céréalières à l’infini : c’est la Beauce, qui relie Blois, où il est né il y a 50 ans, au Vendômois, où il a grandi avec ses 2 sœurs et son frère, dans le milieu agricole. Il en garde un grand sens de la réserve et une profonde détermination.


Le lieutenant Christophe Delaleu au défilé du 14 Juillet

Dès l’âge de 13 ans, il s’engage en tant que jeune sapeur-pompier volontaire au centre de secours de Vendôme. « J’avais ça en tête depuis longtemps déjà », dit-il, en se souvenant des nombreuses vacances passées chez un ami de son père, chef de centre de secours dans l’Oise. « On partageait complètement la vie du centre, jusqu’à l’accompagner sur certaines interventions : je me retrouvais dans des ambulances, des camions citernes… Mon premier accident de la route, je l’ai vu sur l’A1, alors que j’avais une dizaine d’années ! »

Un gymnaste accompli

L’aide aux personnes, les tenues, les codes, tout lui plaît ! Il adore les manœuvres, découvre le cross qu’il pratique toujours. Rareté, sa section JSP pratique la gymnastique. Lors des fêtes de villages, la trentaine de jeunes sapeurs-pompiers de Vendôme font des démonstrations de barres parallèles, de sauts, de mouvements au sol ou des pyramides ! Il en a gardé une agilité, une souplesse bien utile.

Des années plus tard, devenu professionnel au @SDIS91, il réunit quelques camarades pour proposer, là encore lors d’événements publics, un véritable « show » d’échelles à crochets. Les voltigeurs, vêtus de casques et de ceinturons extraordinaires, grimpent en statique, les assemblent, s’y suspendent. Ceux qui ont eu la chance d’assister à ce spectacle, notamment à l’occasion des 200 ans du centre de secours principal de Romorantin, s’en rappellent encore.

13 ans dans l’Essonne

Il faut reconnaître que le lieutenant Delaleu ne tient pas beaucoup en place. CAP - BEP mécanique automobile en poche, il part faire son service militaire à Paris en 1989 et se fait recruter en tant que sapeur-pompier professionnel dans l’Essonne en mars 1991. 13 ans plus tard, il entre au SDIS41 et passe à Romorantin, Blois sud, a été chef de salle opérationnelle du centre de traitement de l’alerte et du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours, puis au centre de secours principal de Blois nord où, désormais, il se sent « parfaitement bien : il y a des gens super autour, les agents, un chef très compétent… »

Pourtant, « lieutenant, je ne m’y voyais pas au début », souffle-t-il. C’est une intervention marquante qui le décide. 1997. Un dimanche soir. Feu dans la cave d’une habitation à Boussy-Saint-Antoine. Une équipe est sur place, un pompier pénètre dans la cave en feu, une partie de plancher, en bois, s’effondre et le bloque, seul dans le brasier. Asphyxie. C’est un ami, un proche. Christophe Delaleu intervient en renfort, en tant que chef d’agrès VSAV. Il pratique le massage. Les médecins et les officiers lui commandent d’arrêter. « Mais je n’arrêtais pas ».

Le respect et la discipline

Convaincu que ce drame aurait pu être évité, il se décide à passer les concours pour devenir sous-officier. « Je voulais assumer les responsabilités ». Entre la vie du centre de Blois, les centres de vaccination, la famille – « elle a l’habitude ! » - « les semaines sont actuellement bien pleines. C’est comme ça, il faut donner. Moi, je travaille pour les autres. » Et pourtant, il trouve en plus l’énergie de se préparer avec la sélection du 14e Bataillon des sapeurs-pompiers de France, en vue du 14 Juillet.

« Défiler, oui, ce serait une récompense par rapport à ma carrière. Dans la tête, tout est prêt. Les entraînements se sont super bien passés, j’ai confiance. » Il retrouve dans ce corps la camaraderie, le courage, le respect et la discipline qui l’avaient sincèrement touché quand, enfant, il avait découvert l’univers des sapeurs-pompiers, dans l’Oise. Un monde clairement fait pour lui et qui l’aura mené en une trentaine d’années des champs beaucerons jusqu’aux Champs Elysées.


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